Mai 2011

Co-Création avec la cie Pernette

De Profundis

Pièce chorégraphique pour deux danseurs et trois plasticiens.

Cette collaboration avec la chorégraphe a fait l’objet d’un travail “à la table” : “Nous étions partis sur un projet autour du Jardin des délices de Bosch, une grue signifiant le grand créateur à laquelle auraient été attachés les danseurs, cela ne s’est pas fait. Nous sommes en revanche restés sur l’idée du tas, du grand chantier, nous avons construit une machinerie pneumatique qui fait se mouvoir des chambres à air. Nous voulions créer un néant, une forme sans couleur, pas reconnaissable tout de suite (…). Nous avons travaillé trois ans sur cette co-création (…). Ce travail à la table a été très important, nous venions avec des propositions, des influences picturales et ou cinématographiques – Stalker d’Andreï Tarkowski notamment-. Nathalie avait aussi envie de parler des origines de la danse, se posait la question de l’apparition des corps des danseurs, de la couleur, de comment les lier avec la machinerie et de trouver qui prenait le dessus.”

D’après l’interview de Ben Farey et Laurent Mesnier, article “Aussi crépusculaire que séduisant” de Meriem Souissi – Le Journal de Saône et Loire – Supplément Chalon dans la rue – Vendredi 22 Juillet 2011.

 

“Cela fait plusieurs années que j’apprécie le travail du groupe Tricyclique Dol, un trio de plasticiens réunissant Guillaume de Baudreuil, Ben Farey et Laurent Mesnier. Ils inventent des objets artistiques souvent animés et lumineux de grandes tailles (manèges, installations, parcours) et combinent les matériaux de récupération à une technologie très pointue. Cela fait plus longtemps encore que je rêve d’une création associant les arts plastiques et le mouvement dès les premiers temps d’une réflexion « à la table » puis de travail en studio. Ce n’est donc certainement pas un hasard si j’ai proposé aux trois plasticiens de réfléchir avec moi à une « mise en spectacle » de la création du monde. Chacun d’entre nous s’est ainsi emparé des sept premiers jours de l’existence terrestre et a tenté d’imaginer, dans son domaine, une version personnelle pour tous les travaux divins. Visions de corps, de mouvements, de matières, de sources lumineuses, d’ambiances sonores ; interrogations sur le sens profond de cette genèse, résistances… De Profundis est le fruit de cette confrontation entre artistes. Nous avons croisé et associé, au cours de longues soirées d’échanges, nos visions forcément différentes pour plus de richesse, d’ambiguïté… de profondeur au propos.”  Nathalie Pernette.