Création 2016

TROUBLE

Expérience singulière d’arpentage poétique, voyage ostéophonique, introspection à découvert,  Trouble vous emmène au cœur de l’espace urbain, guide votre regard vers ce qui vous entoure et le plonge dans  ce qui vous habite.

 

Trouble, ce sont des gens qui parlent dans la tête des gens. C’est l’humanité tout entière qui cherche un corps qui serait une oreille. L’humanité a des  questions à (se) poser. Il faut se dire les choses.

Trouble, c’est un voyage.

Trouble, c’est un voyage en ville.

Trouble, c’est un voyage vers les autres, c’est parler dans les autres et croire que les autres sont en soi.

Trouble, c’est regarder autrement l’espace qu’on habite collectivement, l’entendre autrement, c’est s’écouter soi-même, autrement.

Trouble, c’est une heure loin de l’agitation des villes, au cœur de l’agitation des villes.

Trouble, ce sont les gens.

Trouble, ce sont nos semblables.

Trouble, c’est un album de famille, éphémère, recomposé.

Trouble, c’est notre présent.

Trouble, c’est sentir qu’on vit et sentir qu’on vit est un plaisir.

Trouble, c’est la Cité qui chante secrètement sa façon d’être au monde.

Trouble, ce serait un geste poélitique.

Trouble, ce sont dix personnes dont on entend la voix murmurée, à travers les murs et les squelettes.

Trouble, ce sont dix personnes qui racontent un peu de leur vie.

Trouble, c’est croire qu’une vie entière est contenue dans 15 chapitres et une chanson d’amour.


 

Ecrire Trouble, c’est écrire dans l’espace public. C’est prendre l’espace public comme espace de jeu, espace à poétiser, espace du réel à muer en espace de rêve. Ecrire Trouble, c’est s’inscrire dans l’espace de tous, au nom de la poésie et de l’altérité, au nom de l’invendable et de l’être ensemble. Mais l’espace public est-il l’espace de tous ? L’espace public est-il encore public ? L’espace public ne serait-il qu’une agrégation d’espaces privatifs, réservés ? Espaces hygiénistes, espaces à vendre, à louer, espaces à aménager, espaces à négocier, espaces du deal permanent. Trouble, c’est nommer que la poésie est sans doute l’espace public par excellence, l’espace de tous les publics, l’espace affranchi des règles fossilisées, royaume se renversant sans cesse : l’espace libre, à libérer toujours, l’espace soustrait au négoce, au compromis. Trouble, c’est passer par les murs, le temps du voyage. Et laisser sur les murs des empreintes fragiles. Afficher des poèmes à voir et entendre. Pour quelques heures à partager, se laisser hanter. Existe-t-il encore un affichage public ? Un affichage libre ? Libre, qu’est-ce que ça veut dire ? Trouble, c’est une invitation à distinguer la parole construite du cri d’alarme, l’exercice d’empathie du coup d’éclat invasif.

 

Un poème en ville, qui serait celui de tous.