- « Solennellement,
sans bruit, un pneu roule sur le sol ; en fin de course,
il vient effleurer un mât qui, dans sa chute, donne
son branle à une tierce séquence… Equilibres
et trajectoires se répondent, chaque action est départ
d’une impulsion nouvelle. Des instants tous différents
que rien ne relie si ce n’est le fait qu’ils se suivent
; des successions, des ricochets, des causes et des effets tous
spéciaux, des actions et des réactions en chaîne
mécaniques, des projections d’ombres et d’artifices.
Le public comprend d’emblée la dynamique mise en
oeuvre et pourtant, du début à la fin, il reste
suspendu au fil du spectacle et y adhère avec une attention
quasiment palpable. La sobriété du dispositif concourt à sa
force expressive. Suite d’objets usuels immédiatement
reconnaissables, pyrotechnie minimale réduite à des
effets de propulsion ou de pétard : un montage fragile,
délicat, une juxtaposition de trucs et de machins un peu
surréaliste, drolatique. C’est une grande affaire
d’enfant et, tout de suite, c’est captivant. L’action
n’est pas linéaire, les ruptures de rythme sont
soigneusement ménagées. À un balancement
lent, imperturbable, succède un cataclysme bref et soudain
; à un crissement alangui, une explosion sèche.
Des lumières s’allument au fur et à mesure
et laissent visibles les mécaniques désamorcées
comme autant de traces qui ponctuent l’espace derrière
nous. On anticipe sans cesse, on est ravi quand survient la catastrophe
attendue, ravi encore quand on s’est fait piéger.
Les trois créateurs de cette grande installation, habillés
de complets noirs au coeur de leur agencement, apparaissent comme
des rouages de leur machinerie et non comme ses démiurges.
Ils sont les grains de sable qui permettent à la machine
de marcher... L’ensemble fait naître un beau registre
d’émotions, de la tension de l’attente à l’étonnement
devant sa conclusion, de la fascination muette aux joies de la
crépitation. D’une construction frêle et ludique,
Cheminement-s fait éclore une chorégraphie espiègle,
une cérémonie gracile et généreuse. » Pierre
Isibert
Cheminement-s
est, au premier regard, une grande installation constituée
d’objets usuels au sein d’un espace particulier. Un
espace inhabituel, hors les murs, peut-être désaffecté...
Un lieu investi dans la globalité de son volume et de ses particularités
: du sol aux murs, des murs à la charpente, de l’intérieur à l’extérieur.
Ce lieu se révèle alors sous un jour nouveau : l'espace,
la lumière et le mouvement sont mis en valeur... Tous ces objets
sont agencés ensemble
de telle façon
qu’une première impulsion transforme cette installation
en une grande réaction en chaîne.
Chacun de ses maillons est progressivement habité de mouvements,
d’accidents, de déséquilibres, de bruissements,
de petite pyrotechnie et d’ombres qui permettent aux séquences
suivantes de prendre vie à leur
tour...

Cheminement-s
s’est principalement inspiré du travail d’Arthur
Good alias Tom Tit : La Science amusante, 3 vol. Larousse
1892 ; de celui de Peter Fischli et David Weiss : Der Lauf der
Dinge,
film couleur de 30 mn., 1987 ; et de plusieurs autres...
Equipe artistique : Guillaume de Baudreuil, Ben Farey, Laurent Mesnier
Equipe technique :
Cheminement-1 : Clovis Chatelain et Fred Parisson
Cheminement-2 : Etienne Thevenon et Samuel Cartignies
Cheminement-3 : Samuel Cartignies et Clovis Chatelain
Cheminement-4 : Sylvain Debray et Alain Hepp
Cheminement-5 : en cours de distribution (Sylvain Debray et Alain Hepp)
Mises en lumières : Romuald Boissenin
Costumes : Nadia Genez
Production Tricyclique Dol en co-réalisation 2003 avec l’Abattoir – Centre
transnational des Arts de la Rue (Chalon sur Saône-71) et en co-production avec
Scènes du Jura (Dole-39).
Ce spectacle a bénéficié de l’aide à la
production 2003 et de l’aide à la reprise 2008 de la DRAC
Franche-Comté et du Conseil Régional de Franche-Comté ;
et de l’aide au projet de la Ville de Besançon.
Avec le soutien de La Faïencerie – Pudding Théâtre
(Salins les Bains).
Durée du spectacle : de 30 à 50 minutes
Type de public : tout public
Jauge public : 135 personnes au maximum
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