La
Source est organique, voire vivante, et en même temps, rongée
de métal, de cuivre, de zinc, de tissu et de plastique.
C’est une masse intrigante et grouillante, animée de
mouvements et de sons. Elle est mouillée et humide, coule et
goutte. L’eau ruisselle en permanence, toujours en mouvement.
Sans angles vifs, on a envie de la caresser, de la toucher, d’être
en contact avec elle. On peut tourner autour, y pénétrer,
regarder de près. Plus on l’approche, plus La Source devient
audible et lisible : ici une goutte fait vibrer très doucement
une corde, là un
fil frôle délicatement une
plaque.
Il faut prendre son temps pour découvrir, chercher, entendre
et jouer avec La Source. Tout est visible, perceptible, lisible, rien
n’est caché.
A l’intérieur
de La Source , de petits mouvements de mécanique
frôlent, tapent, grattent les cadres des parois, du plafond et
du sol. De nombreux objets (accumulation) sont incrustés dans
les parois de la structure et sont utilisés pour ces mécaniques.
Ils sont intégrés pour leurs qualités sonores ou
simplement visuelles. Des « marteaux » frappent ces objets
ou sur des cordes tendues. Leur effet peut être quasi inaudible à La
Source mais tonitruant dans un récepteur.
Un système silencieux de pompes est utilisé pour alimenter
La Source en eau. Il fonctionne sur minuteur, par intermittence, pour
créer une sorte de respiration. L’eau est récupérée
dans des chéneaux, puis dans des bacs situés dans la base
de la structure. Une fois parvenue au sommet, l’eau se répand
sur les murs et s'achemine à nouveau vers les mécaniques/cordes
etc.
Des tuyaux d’eau percés à divers endroits passent
dans les murs pour permettre un écoulement « maîtrisé » de
l’eau. Les murs deviennent à certains endroits de véritables
rideaux d’eau. L’ensemble de cette machinerie est volontairement "archaïque" :
elle fuit et goutte. Les bruits émanant naturellement de La Source
, restent ténus,
légers mais l’accumulation de l’eau, le remplissage
d’un récipient puis son brusque basculement
provoquent une réaction sonore ponctuellement plus importante.
Le spectateur découvre La Source dans son milieu naturel. Il
s’approche, de plus en plus près, comme lorsque penché sur
l’herbe, un enfant observe tout
ce qu’il s’y passe. D’abord, sans toucher, il entend
des sons émanant de La
Source puis, y pénétrant, il en découvre d’autres,
plus petits, plus fins.
Il découvre enfin que ses propres mouvements produisent également
d’autres sons. Par sa gestuelle et ses déplacements, le
visiteur « écrit » sa
partition.